Ce texte écrit par Soha a remporté le premier prix dans la catégorie des collégiens de 4ᵉ-3ᵉ en 2020.
Tout a commencé il y a quatorze ans en Afrique de l’ouest, le jour où elle a pointé son petit bout de nez dans ce grand monde. Une jolie petit fille nommée Coumbaya. Elle avait de grands yeux curieux et un petit regard coquin. C’était le bébé de l’amour, elle était le portrait craché de sa maman.
La vie n’était pas facile pour cette famille de dix enfants, un papa travailleur et une maman souffrante qui avaient du mal à subvenir aux besoins de la grande famille. Ils ne mangeaient qu’un jour sur trois et les repas n’étaient pas consistants. Les mois passaient et cette maman aimante qui voyait la maladie la ronger de plus en plus, décida, pleine de tristesse, de sauver Coumbaya, sa fille en qui elle voyait l’espoir d’une vie meilleure. C’est ainsi qu’elle lui prépara ses quelques affaires dans un petit carton qu’elle déposa à côté de sa fille qu’elle avait assise sur une brique dans une rue passante. Ce geste était celui d’une maman désespérée, comme si elle savait que quelques mois plus tard elle ne serait plus de ce monde. Mais elle savait au fond d’elle qu’elle offrait une vie meilleure à sa fille. Quand Coumbaya comprit que sa maman ne reviendrait pas, elle se mit à pleurer, le seul moyen qu’elle avait de dire son désespoir.
Une jeune femme essaya de la consoler et l’emmena dans la plus grande pouponnière de Côte d’Ivoire afin qu’elle ait à manger et tous les soins dont elle avait besoin. Coumbaya se retrouva au milieu d’autres enfants avec qui elle pouvait jouer mais, même si elle ne manquait presque de rien, cela ne comblait pas le manque de sa maman... Après plusieurs mois, l’administration la déclara comme bébé adoptable : elle lui donna un nom, un prénom et une date de naissance.
Au même moment, en France, une femme ne pouvant pas avoir d’enfants déposa son dossier d’agrément pour la commission au Ministère des droits de la femme et de l’enfant à Abidjan. Le jour de la commission, les deux dossiers arrivèrent au même moment. À ce moment-là, Coumbaya fût proposée à cette famille qui accepta cette petite fille avec joie, ils allaient devenir parents. Ils engagèrent un avocat ivoirien exerçant à Abidjan comme l’exige la loi. Cet avocat s’occupa de tout l’administratif juridique.
Cela dura plusieurs mois durant lesquels cette nouvelle maman ne passa pas un jour sans regarder la photo de sa fille et sans l’appeler régulièrement. Coumbaya, petit bout de chou de deux ans n’avait jamais vu de téléphone et se contentait de hocher la tête quand sa maman de France lui disait « Je viendrai très bientôt te chercher mon bébé d’amour et on rentrera à la maison en avion ». Les mois passaient et ce projet devenait de plus en plus concret. Toute la famille du couple attendait cette enfant venue du bout du monde pour Noël mais les lenteurs administratives retardèrent le dénouement un mois de plus. Coumbaya arriva donc en France à la fin du mois de janvier. Elle fut accueillie par la famille et les amis, très chaleureusement. Elle grandit vite, entourée par l’amour de ses grands-parents, ses oncles, ses tantes, ses cousins, ses cousines. Mais malheureusement elle garda toujours cette nostalgie, la nostalgie de son pays.
Cette histoire, c’est une histoire de femme, c’est l’histoire d’une mère qui permet à une autre femme de devenir une mère, c’est l’histoire d’une maman qui par amour offre une vie meilleure à sa fille. Cette histoire c’est mon histoire.